PROMESSE

Création — En création

Cinq danseuses renversent les codes de genres avec humour et fracas. Elles créent le temps d’un spectacle, un laboratoire d’imprégnation des questions sociétales actuelles. Nourries par les pensées féministes, elles vont nous faire vivre leur trajet intime et collectif, entre déni persistant des inégalités de genre et horizons de folle liberté.

Avec une équipe de cinq femmes, nous souhaitons explorer la contradiction entre l’égalité des genres revendiquée par toutes les instances de notre société et les dynamiques contradictoires persistantes d’invisibilisation, soumission, hypersexualisation des femmes. Cette dynamique de déni et ses rouages suscitent notre profonde curiosité et désir d’exploration.

Parce qu’ « on » sait. Le sujet de la place des femmes et du cloisonnement lié au genre est maitrisé par notre société. Il est un objet majeur de communication. On sait que c’est évident, basique même, cette égalité de droit, cette nécessaire égalité de pouvoir. Qui aujourd’hui en dehors des discours réactionnaires extrémistes prône encore autre chose ? On le sait tellement… Inutile d’en parler encore.

« La France a toujours été à la pointe du féminisme… Nous sommes un pays qui valorise la femme. » dit le mâle blanc politique (et ministre de l’éducation nationale). Mais oui évidemment, ou avions-nous la tête ? On est à la pointe, à quoi bon s’y pencher…

Mais de quelle pointe s’agit-il ? Où est l’innovation radicale, le progrès fulgurant, l’avancée concrète ? On regarde avec effroi le gouffre sous nos pieds, les chiffres criants, sur l’invisibilité, la persistance des violences dans un système infiltré, verrouillé. Les rouages bloqués, le mouvement microscopique. Mais le déni opère et le questionnement est immédiatement marginalisé, caricaturé, rendu inutile.

 

Quel exorcisme générationnel faudra-t-il pour que le paradigme profond change ? Quel trajet peut-on faire de l’adhésion intellectuelle au changement réel ? Et l’art, que peut-il tricoter avec ce déni ?

Le spectacle permet la rencontre, mettre en vie au milieu d’autres vivants des préoccupations/récits/ émotions mais aussi des processus.

Or ce projet est un processus. Celui de réunir des artistes femmes ou se reconnaissant comme telles, danseuses, chorégraphe, autrice, qui puissent penser/ jouer/dégommer/transcender ces questions, les éprouver, les mâcher, les écarteler. Garder dans ce groupe un homme, témoin, acteur, tantôt dominant tantôt dominé, c’est laisser nos héritages culturels agir, pour révéler dans notre groupe (micro société) les possibles, les écueils, les zones aveugles.

À partir de cela, nous voulons construire, écrire un spectacle qui puisse inclure le spectateur dans ce laboratoire. Faire tourner les places, et laisser le pouvoir circuler. Rendre réelle cette marge de manoeuvre, en jouant des codes de ce qu’est un spectacle.

Il s’agira d’opérer sur scène le renversement d’une longue tradition artistique faisant des femmes l’objet de désir et d’étude des hommes. Entre humour et rage les danseuses s’empareront de cette position « haute » du masculin pour mieux mettre à nu ce paradoxe entre objectivation et mystification.

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Dans la continuité d’Urgence, pièce écrite pour cinq danseurs hip-hop, Anne Rehbinder et Antoine Colnot initient Promesse. Ils poursuivent ainsi leur travail d’écriture théâtrale à la rencontre d’interprètes issu.e.s de la danse, cette fois en collaboration avec la chorégraphe Tânia Carvalho.